Quelle méthode pour se faire enlever un tatouage permanent ?
Se faire tatouer est un acte fort et engageant, qui se généralise de plus en plus en France, depuis quelques années. Il n'y a qu'à voir les bras des footballeurs d'aujourd'hui en comparaison d'il y a vingt ans pour s'en rendre compte. Quoiqu'il en soit, un nombre croissant de personnes passent par la case tatouage définitif, et les salons de tatoueurs se répandent en ville autant que les microbrasseries. Sans chercher à comprendre les raisons de la croissance de ce phénomène, il est essentiel de noter l'insouciance d'un certain nombre de personnes quant au marquage corporel permanent. Certes, il existe de nombreuses raisons pour justifier un tatouage, et cette pratique est même ancrée fortement dans certaines cultures, comme chez les Maoris par exemple. Néanmoins, ce qui représente un art ancestral depuis plusieurs siècles à l'autre bout du monde s'apparente plutôt à une mode dans les pays occidentaux de plus en plus accaparés par la culture du corps. Il n'est cependant pas question de remettre ici en cause la beauté ou non d'un tatouage, mais bien de cerner le sens de cet acte non sans conséquence pour la peau.
Avec le temps, le corps change et l'apparence d'un dessin tatoué peut vite perdre de sa splendeur
En effet, les tatouages peuvent avoir plusieurs objectifs, et celui d'inscrire sur sa peau une date, un nom ou un symbole important en est un. Par ailleurs, l'aspect purement esthétique en est aujourd'hui un autre et beaucoup de tatouages sont faits sans raison profonde, selon l'envie du moment ou la tendance. Cependant, à l'inverse d'une date de naissance, le risque d'une mode est qu'elle ne passe. Et que l'on en vienne à regretter ces tatouages fashion et valorisants à vingt ans, mais has been et flétris sur une peau vieillie de cinquante ans... Il peut également être gênant d'avoir eu recours aux talents d'un tatoueur pour immortaliser sur un lieu intime une idylle désormais envolée. Ainsi, loin des tatouages de taulards, l'impression d'un symbole permanent sur la peau lors d'une séance dans un salon chic de Paris peut vite se regretter, et c'est le cas de beaucoup plus de personnes qu'on ne le pense. Qu'en est-il donc ? Existe-t-il une méthode de détatouage radicale ? Un moyen de nettoyer sa peau d'une empreinte du passé non assumée ? Peut-on purement et simplement effacer des tatouages permanents sans séquelles ? Certes oui, mais la technique au laser a ses avantages et ses inconvénients. Tentons de voir en quoi cela consiste.
Pour envisager de faire disparaître un tatouage, il faudra se rendre dans un centre spécifique et consulter un médecin spécialiste
Bien entendu, le nombre, la durée des séances et le type de laser choisi pour le détatouage dépendront de plusieurs paramètres. L'emplacement du tatouage, sa taille, les couleurs utilisés, son âge... Il reste important de savoir que contrairement à se faire tatouer, le traitement inverse ne se fera pas en cinq minutes et sans consultation avec un médecin ou un dermatologue spécialiste. Les séances devront également avoir lieu dans un centre médicalisé spécialisé dans cet acte spécifique et équipé du matériel laser adapté, comme le centre laser international de la peau Paris (CLIPP) par exemple. De fait, la particularité du processus de détatouage ne le rend pas accessible à tous un peu partout en France. Il faudra en effet se rendre dans une grande ville pour bénéficier d'un traitement à l'aide d'une machine moderne et de lasers à la pointe de la technologie. Globalement, en y mettant le prix, et le nombre de séances, il sera possible de faire disparaître sans effets secondaires ni dommages pour la peau un tatouage permanent, mais le parcours peut être complexe. Il vaut donc toujours mieux se poser la question avant d'entrer chez un tatoueur professionnel. Quoiqu'il en soit, voyons en quelques lignes les grandes étapes du détatouage au laser et son principe.
Chaque pigment peut être ôté petit à petit, non sans douleur toutefois, au prix de plusieurs séances selon l'ampleur du tatouage à effacer
Le principe du détatouage au laser est donc de prélever petit à petit des pigments d'encre noire, ou de plusieurs couleurs déposés sous la peau lors de la séance initiale chez un professionnel, ou un amateur. Il est d'ailleurs intéressant de spécifier qu'un tatoueur déclaré utilisera plus d'encre pour une meilleure qualité de rendu, mais que par conséquent, il sera plus long et complexe d'effacer le tatouage le jour venu. D'où l'intérêt d'une consultation avec un dermatologue pour décider parmi les différents lasers à disposition aujourd'hui. L'époque du maquillage pour dissimuler un tatouage est révolue, mais il faudra y mettre le prix, car selon le laser employé, les séances reviendront à quelques centaines d'euros. Et en fonction de la surface à effacer, il pourra y avoir besoin de dix voire vingt séances. Si vous êtes amenés à vous lancer dans ce type d'intervention, renseignez-vous sur le laser Picoseconde et le laser Qswitched, qui représentent à l'heure actuel respectivement le dernier cri et le traitement le plus abordable. Dans tous les cas, il est rassurant de savoir que ces technologies modernes n'ont pas de réel impact négatif sur la peau et ne laissent pas de cicatrices. Le prix à payer est élevé, mais au fil des séances, tous les pigments d'une zone à effacer disparaîtront de manière esthétique.
Le détatouage n'est pas une simple séance de maquillage visant à camoufler un dessin ou une écriture
Ce qu'il faut retenir de ces quelques explications est donc qu'il est beaucoup plus rapide et économique de réfléchir à deux fois avant de se faire faire un tatouage permanent que de chercher à l'enlever définitivement après coup. Pour autant, le droit à l'erreur existe, et savoir qu'une ou plusieurs séances de rattrapage peuvent réparer les dégâts sans laisser de traces apparentes sur la peau est une bonne chose. Il ne faut cependant pas y voir une raison de plus d'agir en toute insouciance, car le tatouage reste un acte dermatologique qui injecte des pigments d'encre sous la peau. Et cela peut avoir des conséquences, plus tard, au moment d'une intervention chirurgicale lors d'une grossesse par exemple. Reste alors le tatouage temporaire au henné, qui peut être un compromis parfait si l'aspect esthétique prime sur le côté permanent.